Les notes de Poirot
Qui est le coupable ?
A ma grande surprise, la victime était réelle. La farce n’en était pas une et je ne sais toujours pas si cela me satisfait plus que cela ne m’inquiète. La liste des suspects est pour le moins étonnamment longue…
Veronica Cray est la personne la plus louche. C'est la femme trop séduisante qui détruit l'harmonie des ménages. Veronica Cray est antipathique et donc suspecte. Mais elle est trop suspecte et trop tôt, le malentendu est toujours possible ! En plus d'être la maîtresse d'un homme marié, Veronica Cray possède d'autres traits qui la désignent comme une mauvaise femme. C'est une actrice et les artistes ont la réputation d'avoir de mauvaises moeurs. Veronica a aussi vécu longtemps à Los Angeles, donc à l'étranger...
Lucy Angkatell a un comportement extrêmement bizarre. On peut la croire un instant coupable, mais il est toujours possible qu'elle soit simplement lunatique. On lui prête un coeur d'or. Les serviteurs lui sont complètement dévoués. Elle est l'épouse d'un haut fonctionnaire. Conformisme social oblige, on veut bien la croire innocente. Et pourtant…
Henrietta Angkatell est l'autre maîtresse de John Christow, moins flamboyante et scandaleuse que Veronica Cray. Henrietta semble sincèrement éprise de Christow, mais cela ne lui donne pas le droit de l'être. On ne choisit pas qui on aime et quand on aime, mais on ne peut pas concrétiser son amour avec n'importe qui. Un comportement honorable de la part d'Henrietta aurait été de fuir au loin. La punition d'Henrietta est de finir dans la solitude. Edward Angkatell l'avait demandée en mariage trois fois, mais c'est plutôt Midge Angkatell qui l’attire.
Edward Angkatell et Midge Angkatell deviennent moins suspects, quand une idylle s'amorce entre eux. Ils sont moins susceptibles d'être des criminels.
Mais que va t’il advenir de la famille de John Christow, si la coupable est Gerda, sa femme ? Gerda ne semblait pas pouvoir s'occuper d'une famille seule. On ne demande pas à une épouse d'être une reine de beauté ou d'avoir du génie, mais Gerda semble tout de même largement sous la norme. Pour qu’elle tue son mari, il faudrait qu'elle soit méchante ou folle, ce qui ne semble pas être le cas…
En tuant son mari elle se tuerait elle-même, car elle ne semble pas pouvoir vivre sans lui.
Alors, qui est coupable ?
Bruno SENTIER - mai 2006