Il y a des spectacles juste pour rire, comme ça, parce que c’est rigolo. Boulevard, vous avez dit Boulevard ? est de ceux-là. Ecrire “rigolo” a presque quelque chose d'enfantin, un peu comme cette pièce. Nous sommes prêts à parier qu'aujourd'hui, dans le public, les enfants se manifesteront plus souvent que leurs parents. C'est qu'ils savent rire de petites choses qui nous, adultes, nous laissent insensibles. A tort. Cette pièce nous en a fait la démonstration...
Même si l'humour subtil d'Agatha Christie nous avait charmé l'an passé, avec Le Vallon, nous avions envie de retrouver le Boulevard. Mettre une majuscule à ce mot n'est pas une simple coquetterie typographique : c'est la référence à un théâtre dit “de boulevard” ET de qualité. L'alliance est possible, même si, aujourd'hui, elle n'est pas systématique dans les grands théâtres de boulevard parisien. Alors, nous avons pensé Feydeau, Courteline, Labiche mais les distributions parfois dignes d'un Peplum nous ont un peu refroidi. Il nous restait à trouver la perle rare dans des auteurs contemporains. Et c'est alors qu'au beau milieu d'une pile de textes que nous compulsions avec peu d'espoir qu'est apparu Boulevard du boulevard du Boulevard. Nous étions emballés.
Ils nous fallait alors raconter l'intrigue... Alors disons que c'est l'histoire d'une femme qui croit que son mari la trompe, alors qu’il est le meilleur ami de l’amant de sa femme, qui n’est d’ailleurs pas son amant puisqu’elle a toujours refusé ses avances, sans compter qu’elle ne le connaît même pas. De plus, la femme de son amant n’a jamais pu supporter qu’on la trompe. Sans compter qu’il y a un domestique qui n’aime pas fermer les portes, un âne qui dort lamentablement lorsqu'il ne tire pas une petite voiture. Il y a aussi un personnage qui reçoit sur scène des lettres adressées à son comédien. Difficile de convaincre un auditoire avec une telle énumération !
Et pourtant... Nous nous sommes tous rapidement aperçus que cette pièce était une grosse farce sans queue ni tête mais pleine d’humour et de fantaisie, et tant mieux s’il n’y a rien à comprendre ! Ça crie, ça hurle, ça pleure, ça virevolte dans tous les sens, et par extraordinaire, tous les personnages retombent sur leurs pieds. Feydeau, Courteline, Labiche mais aussi Woody Allen, Tex Avery, les Monthy Python, en passant par les Robins des Bois, les Deschiens ou bien encore Louis de Funès, Pierre Richard, tous sont convoqués sur scène ce soir. Pour vous !